Voyage de fin d’études à Copenhague – PROMOTION VAUBAN 2015-2016

Pourquoi avoir choisi d’organiser un voyage de fin d’études au Danemark?

Ce petit pays, de 5 millions d’habitants, situé au nord de l’Europe mais avec des attaches géographiques au continent, est souvent abordé sous un angle générique – “les pays nordiques”, regroupant la Suède, le Danemark, la Norvège, la Finlande et dans une certaine mesure l’Islande. Pour autant, chacun des pays nordiques garde ses spécificités : sa culture, son histoire, sa vision sociétale, et le Danemark n’échappe pas à cette règle.

Photo 1 : intervention de Thomas Nymann de ll'association des communes

Intervention de Thomas Nymann de l’association des communes

Au fil de notre séjour, nous comprenons que le Danemark est avant tout une société fondée sur la confiance – aux antipodes de la défiance définissant aux yeux de certains la société française et sa gestion publique.

Ce pays regorge de vitalité et de richesses, susceptibles de profiter à la France dans un contexte de revitalisation de notre – prétendue – vieille Europe.

Avec un objectif de 100% d’énergies renouvelables d’ici 2020, le Royaume Danois fait figure de modèle. Innovation et autonomie du système éducatif danois attirent nos représentants et experts nationaux en terre scandinave. La vitalité économique du pays, bénéficiaire d’un vivier d’entreprises innovantes, suscite l’admiration. La promotion VAUBAN se laisse séduire par les rencontres organisées, très chaleureuses, professionnelles et inspirantes….

Jeudi 2 juin matin, à travers notre rencontre avec l’Association des communes (Thomas Nymann, Rasmus Scheelke), l’accent est mis sur la réforme territoriale danoise (251 communes passant à 98 et 5 régions). MM Nymann et Scheelke insistent sur la nécessité de donner du temps à la réflexion. Cette réforme, d’une envergure majeure, ne devait pas être hâtive, compte tenu des enjeux en termes de gestion publique pour la société danoise. Il a ainsi fallu deux ans de négociations pour son aboutissement. Elle assoie aujourd’hui une véritable cohérence territoriale, support notamment de la réforme du système de santé qui mixe public et privé. Aujourd’hui les relations Etat /communes s’organisent dans une logique non de décentralisation mais de coopération et de contractualisation financière – local agreement-, par l’intermédiaire du lobbying puissant de l’Association des communes.

Après une légère collation le midi d’inspiration danoise nous mettons le cap sur Christiansborg pour rencontrer le représentant du Ministère des Finances, Lars Ostergaard.

Ce dernier nous reçoit dans de superbes locaux, aménagés avec simplicité qui donnent sur un jardin intérieur. Accueil attentionné avec plateaux de fruits et de l’eau fraîche à volonté. Il fait très chaud au Danemark! (température
moyenne pendant notre séjour 26-27 degrés).

Photo 2 : la cour ombragée intérieure du Ministère des Finances à la pause

La cour ombragée intérieure du Ministère des Finances à la pause

M Ostergaard nous expose l’originalité du modèle danois (la flex-sécurité), permettant de concilier un niveau de protection sociale élevé avec une flexibilité de la masse salariale. Le Danemark assure une gestion rigoureuse de ses deniers publics avec une approche finalement très « lolfienne », définition d’objectifs et évaluation systématique des politiques publiques. Le développement d’outils de mutualisation, de services partagés, le recours à la sous – traitance et une stratégie numérique offensive concourent à l’atteinte de ces objectifs. La maîtrise de l’évolution de la dette (45% du PIB) se conjugue avec une fiscalité très élevée (plus de 50% du PIB en moyenne). L’heure est à la réforme continue pour assurer croissance, emploi et compétitivité internationale.

Intervention très appréciée, suivie de MINDLAB, (intégré au ministère sans perdre pour autant son indépendance de réflexion). L’approche des politiques publiques est ici très pragmatique et peu conventionnelle. Primauté à l’efficacité de l’administration danoise. Jakob Schorring, intervenant de MINDLAB, nous expose l’idée initiale de ce think tank atypique : constituer une boîte à outils à la disposition de l’action publique, permettant aux projets novateurs et innovants dans le secteur public de voir le jour. Copenhague 3MINDLAB illustre bien l”importance et la reconnaissance accordées aux expérimentations en matière de gestion publique avec une très grande diversité des projets développés (apprentissage de la langue aux enfants danois, des initiatives pour une ville plus verte….). Pas étonnant que MINDLAB ait fait des petits…. telle la 27éme Région dans la version hexagonale.

Photo 3 : la promo au complet avec Didier Uri en accompagnateur

La promo au complet avec Didier Uri en accompagnateur

Vendredi 3 juin, nous sommes d’abord reçus par l’Ambassadeur de France au Danemark, Monsieur François Zimeray dans les locaux de l’Institut français (voir vignette) avant de mettre le cap sur le Danish Design Center (centre de design danois) situé tout près du port de Copenhague.

Avec Sune Knudsen, l’un des fondateurs de MINDLAB et co-fondateur du DDC, l’accent est mis sur la nécessité de s’entourer de collaborateurs de tous horizons : du gestionnaire public aux designers, ethnologues dans une approche qui ne scinde pas nécessairement l’action publique et privée, la conception d’un objet ou d’une politique publique. N’omettre aucune dimension de l’action publique et intégrer sa complexité, la méthode est nécessairement créative, évolutive, participative, ouverte dans une approche fonctionnelle pour répondre aux besoins de la population.

Vous avez dit Copenhague..ou Amsterdam ?

Vous avez dit Copenhague..ou Amsterdam ?

L’après-midi du 3 juin… quartier libre!! Pour certains d’entre nous, des visites très culturelles – forcément le musée du design danois – le Danemark ne faillit pas à sa réputation ! Pour d’autres, l’occasion de tester l’éco-ville en enfourchant un vélo (à louer à tous les coins de rue, avec GPS intégré!), et partir à la découverte de la ville libre de Christiana qui développe sur des friches militaires depuis 1971 une autre conception de la société, en mode collaboratif. Et surtout savourer l’importance accordée à l’écologie et à la qualité de vie en se baignant tout simplement dans la piscine d’Islands Brygge aménagée sur un bras de mer du port de Copenhague.

In fine, que retenir de notre séjour au pays de la petite Sirène?

Outre des rencontres très inspirantes, ce petit pays (en taille), souvent cité comme un modèle de gestion publique vertueuse et performante, nous étonne et nous impressionne tant par sa capacité d’innovation que par son pragmatisme, privilégiés à toute approche idéologique. L’autonomie des acteurs publics, les modalités de coopération mises en place et le pluripartisme nécessitent consensus et compromis. La négociation, la contractualisation et l’évaluation sont au coeur de l’action publique.

Ce pays, si dynamique, doit aujourd’hui se confronter à de nouveaux défis liés à son ouverture sur le monde. Ainsi, les flux migratoires notamment de réfugiés et l’évolution du chômage mettent en exergue une certaine fragilité des institutions danoises et pointe les limites à l’acceptabilité des dépenses sociales qui connaissent une augmentation massive.
Un modèle qui reste inspirant…. mais qui doit réinventer un nouveau contrat social. On peut parier sur la capacité des danois à mobiliser des méthodes et outils innovants pour dépasser cette nouvelle frontière. Gageons que dans quelques années une nouvelle visite s’imposera !

Éloges de François Zimeray, ambassadeur de France au Danemark, à l’égard de son pays d’adoption.

Un col blanc à bicyclette pénètre dans la cour de l’Institut français. Légèrement échevelé par la douce brise d’un mois de juin à Copenhague, il salue chaleureusement notre groupe d’étudiants, s’amuse des regards embués par leur sommeil écourté, informe Thierry Robert – directeur de l’Institut français – de leur récente apparition dans une revue artistique danoise.

Au Danemark tout est question d'équilibre… L’ours polaire harponné symbole du réchauffement climatique

Au Danemark tout est question d’équilibre… L’ours polaire harponné symbole du réchauffement climatique

Davantage coutumiers des protocoles millimétrés, cette arrivée informelle répand une rumeur parmi nous. Cet homme, inspirant d’emblée la sympathie, n’est rien de moins que François Zimeray, ambassadeur de France auprès du Royaume du Danemark depuis octobre 2013. Malgré l’imminence de la visite du Ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, François Zimeray nous flatte en nous confiant avoir tenu à maintenir son intervention, faisant fi de l’avis de ses conseillers. Il aspire à nous vanter l’étendue du champ des possibles, d’un développement de la collaboration économique, sociale, culturelle entre la France et le Danemark.

Quelques rafraîchissements sur le rooftop ensoleillé de l’Institut français pour conclure cet échange, avant de repartir, conquis, vers le Centre du Design Danois.”

Pause en compagnie de Thierry Robert directeur de l'Institut Français de Copenhague et de Didier Uri

Pause en compagnie de Thierry Robert directeur de l’Institut Français de Copenhague et de Didier Uri

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